Jours triangulaires percés dans la maçonnerie. Ville-Haute (Névache)

Construction et matériaux

Toutes les maisons du nord des Hautes-Alpes comportent des parties en pierre. Les volumes correspondant à l'étable et au logis (soit au minimum le rez-de-chaussée du bâtiment et souvent le premier étage) sont toujours en maçonnerie dont les moellons de calcaire ou de granite étaient tirés des torrents ou des clapiers. Le schiste, qui s'érode trop rapidement, était théoriquement proscrit des constructions de qualité.

L'état de décrépitude d'un certain nombre de bâtiments peut donner l'illusion de maçonneries à pierres apparentes, mais, aux XVIIIe et XIXe siècles, les murs étaient, au moins dans les villages permanents, destinés à être enduits. La façade principale et les pièces d'habitation pouvaient être ornées d'un enduit lisse. Passés au lait de chaux, parfois colorés, ceux-ci pouvaient être ornés de décors gravés ou peints à fresque.

L'espace réservé à la grange était quant à lui généralement construit en matériaux légers. En effet, ce vaste volume qui s'élevait parfois sur plusieurs niveaux devait allier légèreté et excellente ventilation, afin de permettre le séchage des céréales et du foin souvent rentré imparfaitement sec. Dans les vallées où la plus grande partie du bâtiment était en pierre, la ventilation était assurée par des jours, par les débords de toiture et par les clôtures de pignon. En Queyras et à l'est du Briançonnais, on peut voir de nombreux édifices dont la grange, alors appelée fuste, est constituée par une superposition horizontale de fûts ou de plateaux de mélèze (blockbau).


Les toitures


Toiture de bardeaux et de chaume à rives de bardeaux. L'Alp des Guians (Cervières).

 

Le matériau de couverture est l'un des éléments les plus évolutifs de l'habitat du nord des Hautes-Alpes. La plus grande partie de la zone qui nous occupe était, aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles et parfois jusqu'aux années trente, couverte en paille de seigle. Le bardeau n'apparaissait, de façon limitée, qu'à l'est du Briançonnais et ne dominait vraiment que dans les régions drainées par le Guil (Queyras, Bramousse, Ceillac). Quant à l'ardoise, elle a longtemps été réservée aux édifices publics.