L’architecture

Le Château de l’Ermitage, inspiré des palais baroques germaniques, avait, à l’origine, un volume régulier en U, sur trois niveaux dont un sous-sol, surmonté d’une tour coiffée d’un belvédère, à l’italienne, composé d’un dôme et de colonnettes. Les façades, ordonnancées, étaient axées au sud sur un portique semi-circulaire, composé de colonnes jumelées, et au nord sur un porche à voitures placé dans une exèdre. Leur décor était constitué de pilastres, de niches avec statues et de frontons cintrés, traités dans un style Louis XV. L’entablement, formé d’une épaisse corniche à modillons, était couronné d’une balustrade sommée de statues allégoriques des Vices et des Vertus qui, selon les dires d’un visiteur du début du XXe siècle, provenaient du palais Canossa à Vérone.

Château de l’Ermitage. Vue partielle de la façade sud. Carte postale, vers 1900. coll. particulière.

Le rez-de-chaussée, conforme à la tradition classique, était entièrement consacré à la réception. Plusieurs salons, en partie meublés d’éléments décoratifs anciens achetés chez des antiquaires puis remontés : boiseries issus du théâtre Royal de Paris (détruit en 1820), cheminée en marbre gris originaire du palais Canossa à Vérone, étaient disposées autour d’une vaste pièce qui occupait toute la partie nord du corps central. Desservie directement depuis l’extérieur par le porche à voitures, elle pouvait, selon les occasions, servir de vestibule ou de salle de bal.

La salle de bal à l’italienne, de plan rectangulaire, couvre une surface d’environ cent soixante mètres carrés pour une hauteur de près de quinze mètres.
Château de l’Ermitage. La salle de bal depuis l’ouest.
Château de l’Ermitage. Escalier d’honneur donnant accès une galerie.
Une tribune pour musiciens bordée d’une balustrade, dont l’accès d’origine reste encore à déterminer, est aménagée du côté est, au-dessus d’une galerie en rez-de-chaussée. Des portes-fenêtres en plein-cintre, situées principalement à l’étage, au nord, à l’ouest et à l’est, permettaient d’éclairer initialement ce vaste volume.

La plupart des arcs et des baies, bien que copiés sur les modèles d’origine, ont été ajoutés lors du remaniement de l’édifice, en 1961, pour unifier le volume intérieur et accroître sa luminosité. De même, les oculus situés dans les lunettes sont une création récente.

Le décor mural constitué de pilastres, de colonnes engagées ou jumelées, avec chapiteaux, de panneaux et d’agrafes en stuc, rehaussés de dorures, a probablement été complété en 1961 lors du remaniement de l’enveloppe architecturale. Des miroirs disposés aux extrémités de la salle permettent d’agrandir l’espace.