Courée des Oursins

Courée Castejon

Courée Mouraille

Courée Arnaud

Courée Sacomanne

Courée Fenouil-Puget

Courée de la Redonne

 

 

Parties communes et vie dans la courée

                      L’organisation spatiale interne des courée s’articule autour d’un espace libre central, d’usage et de statut juridique collectif. Le plus souvent il s’agit d’une cour, sauf à la courée Sacomanne où l’espace a été aménagé en jardin. La cour est le plus souvent une cour-chemin, étroite et cimentée, qui peut comme à l’" impasse des Oursins " et au " cours Arnaud ", avoir reçu une appellation de voirie.

                 Sur le même emplacement que les installations d'origine demeurent parfois des sanitaires rénovés, qui passent ainsi d'un usage collectif à un usage individuel.

                 Les machines à laver ont remplacé le lavoir commun mais prennent parfois place dans un bâtiment qui abritait... l'ancien lavoir.

                 A la courée de la Redonne, l'ancien système d'étendage est encore utilisé : des fils de fer surélevés, une fois chargés, par des perches plantées dans le sol de la cour. Dans la courée Fenouil-Puget l'étendage du "blanc", des draps, se fait toujours sur les fils tendus entre les terrasses des habitations, ce qui n'empêche pas les voitures de se garer dans la cour.

Dans les conditions précaires d'existence d'autrefois l'usage commun de la cour était obligatoire et nécessaire. La plupart des habitants des courées n'avaient pas l'eau courante, et devaient s'approvisionner à l'arrivée d'eau commune pour toute la cour. Ils devaient aussi partager l'usage des lavoirs et des "cabinets"

Aujourd'hui, certaines installations sont encore en service comme le système du module pour la distribution de l'eau qui est encore utilisé à la courée Mouraille.

L'entretien de la cour ne dépend pas de la municipalité. Les habitants des courées, de leur côté, ne sont pas réunis en associations de colocataires ou de copropriétaires destinées à gérer l'espace de la cour en commun. Le balayage des feuilles mortes à l'automne est un travail d'envergure, source parfois de différents entre usagers de la cour, tout comme la taille des platanes.

Les bâtiments sont adossés aux limites du foncier et forment souvent clôture. Dans la plupart des cas, ils sont mitoyens. Leur distribution fonctionnelle peut en revanche connaître quelques variations, d’une courée à l’autre. Les fonctions sanitaires (latrines, lavoirs) sont abrités dans des bâtiments annexes d’usage collectif, dont la plupart sont à présent désaffectés, transformés en remises ou détruits. Cependant, dans certaines courées, ce système est toujours en fonction.

 

Courée des Oursins / Courée Castejon

 

Courée Fenouil-Puget / Courée de la campagne Bellevue

Courée de l’impasse des chalets / Courée Sacomanne

Courée Mouraille / Courée Arnaud

Courée de la Redonne

La vie dans les courées - Culture de la courée

 

       De nombreux habitants ont rénové et transformé leurs maisons pour y vivre plus confortablement. Cependant dans certaines courées, les maisons sont petites et vétustes; l'humidité des murs est souvent un inconvénient. Les cloisons dans certaines maisons sont minces et comme dans d'autres types d'habitat, le bruit est souvent à l'origine de mésententes entre voisins.

Sacomanne

"Regardez ça fait comme dans les immeubles, ça. Dans les HLM tu entends tout. Ceux qui ont des machines à laver, c'est défendu, de mettre des machines à laver le soir. Et il y a pas que la machine à laver. Quand ils mettent la stéréo, là, le soir ?

  Les Oursins

"Là il y avait la chambre. Quand on faisait couler l'eau, les gens ils dormaient, et ils étaient pas contents ! Et quand ils se disputaient ! Tu entends tout, tu entends tout ! Des maisons comme ça, ça ne se fait plus, maintenant, c'était au temps... d'avant. Le progrès s'est fait après..."

Sacomanne Terrasse à Mouraille

 

D'autre part le face à face des entrées des maisons est parfois considéré comme une gêne. Dans la courée, on ne peut rien faire sans que son voisin en soit aussitôt informé. Cette proximité visuelle et sonore, caractéristique de la courée, si elle provoque un certain nombre de contraintes, permet aussi de mieux s'en libérer : l'interconnaissance entre voisins permet parfois une meilleure gestion de la proximité.

"Autrefois, ça ne me déplaisait pas comme on a vécu, je le raconte à mes enfants, ça ne me déplaisait pas, on était contents, c'est vrai, même qu'on se chauffe au charbon de bois, on était des familles nombreuses, on se réunissait le soir, entre voisins, tout ça, on avait une meilleure ambiance que maintenant, on se connaissait tous, s'il y avait une maladie on s'aidait davantage que maintenant. Les parents étaient très unis, c'était tout des familles nombreuses".

 


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