Situés dans le centre ville de Mexico, face à la place principale et à la cathédrale, où se trouve la promenade fréquentée par la plus haute société de la ville, les premiers commerces de tissus sont alignés côte à côte.

Ils occupent de modestes immeubles associant la boutique au rez-de-chaussée et l’habitation au premier étage, séparés par un simple bandeau où se trouve inscrit le nom du magasin : La Ciudad de Mexico, Al Puerto de Liverpool, Las Fabricas de Francia, Al Progreso, El Correo Frances, La Reforma del Comercio, La Ciudad de Londres, etc.

La disposition de ces boutiques appelées cajones de ropa diffère absolument de celle des magasins français.

Las Fabricas de Francia
à Tampico, vers 1905.
"Imaginez une grande salle au rez-de-chaussée percée de plusieurs grandes portes de bois (…) Un long et large mostrador, comptoir placé à environ trois mètres des entrées barre le passage sur toute la largeur du magasin et sépare le client des vendeurs…" (Émile Chabrand, 1892).

Le processus d’industrialisation et d’équipement amorcé sous le Porfiriato (1870-1910), conduit à une modernisation et à une spécialisation du langage architectural fortement influencé par le " style français ", omniprésent dans la capitale mexicaine.
Les nouveaux établissements commerciaux édifiés par les négociants barcelonnettes entre 1890 et 1910 remplacent les modestes maisons cajones de ropa de la première heure.

Verrière du Centro Mercantil (1896-97), signée Jacques Gruber
Photos: Hélène Homps-Brousse

El Palacio de Hierro, le Palais de Fer, le premier grand magasin barcelonnette construit à Mexico pour le négociant Henri Tron, inaugure une série d’édifices commerciaux de prestige, copiés sur les modèles parisiens du Bon Marché ou de la Samaritaine.






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